La performance publique

 

 

Nous avons créé en 1993 le concept de "performance publique", repris depuis lors par l'Etat et par de nombreuses collectivités territoriales.

 

La "performance publique", c'est bien entendu la performance de l'action publique, donc de l'ensemble des organisations gérant des services publics.

 

En effet, si la société a besoin de services d'intérêt collectif non régis par les lois du marché, rien ne dispense ces services de se montrer "performants". Leur performance n'est rien d'autre que leur capacité à satisfaire à plusieurs critères : légalité, utilité, efficacité, qualité, productivité, maîtrise du coût, efficience...

 

La compétence juridique des agents publics est un facteur-clé de la performance publique : les services publics doivent à la fois appliquer rigoureusement la loi et être capables de l'utiliser au mieux de l'intérêt général. 

 

La méconnaissance du droit se traduit soit par des comportements à risque (on oublie d'appliquer une loi ou un règlement), soit par des comportements d'ouverture du parapluie (on ajoute à la loi ou aux règlements des contraintes qui n'y figurent pas, en espérant ainsi minimiser le risque ...).

 

L'action publique est utile et efficace lorsqu'elle produit des effets, des impacts, des résultats qui contribuent à satisfaire des besoins humains.

 

Le développement de l'utilité et de l'efficacité de l'action publique passe par la pratique de l'évaluation. Une formation poussée à l'évaluation est indispensable pour tous les dirigeants et cadres. La formation ne devrait d'ailleurs pas se limiter à ces derniers : tous les agents doivent, d'une manière ou d'une autre, apprendre à participer à l'évaluation de l'efficacité de leur action.

 

La qualité publique, ce n'est pas forcément plus d'action publique. Assurer la qualité, c'est par contre faire en sorte que les services fournis et les interventions assurées soient à la hauteur de ce qui a été démocratiquement défini.

 

Le développement de la qualité nécessite à la fois une mobilisation des acteurs et beaucoup d'organisation : définition de procédures de travail rigoureuses, optimisation des circuits, évaluation régulière...

 

La réactivité (ou la non-réactivité...) s'observe à chaque fois qu'une organisation est confrontée à une situation inhabituelle : c'est la capacité de cette organisation à réagir rapidement et correctement aux sollicitations et stimulations qu'elle reçoit de son environnement. Le concept de proactivité inclut quant à lui une dimension d'anticipation : être proactif, c'est agir par avance pour faire face à des événements ou des changements probables.

 

Une organisation réactive - et à plus forte raison proactive - ne saurait se concevoir qu'avec des modes de fonctionnement responsabilisants, donc des délégations clairement identifiées et maîtrisées, et des systèmes d'évaluation des performances individuelles et collectives.

 

L'évocation de la productivité des services publics suscite beaucoup de réactions plus passionnelles que rationnelles. Les administrations ne sont pas sous-productives par essence, mais elles peuvent le devenir lorsqu'elles se désintéressent de la productivité...

 

La productivité n'est pas une qualité pouvant faire l'objet d'un jugement de valeur, mais une fraction arithmétique : le rapport entre une quantité de production et la quantité de travail nécessaire à cette production. C'est une composante nécessaire de la performance publique.

 

Le développement de la productivité repose sur plusieurs leviers : certains relèvent de l'organisation (optimisation des circuits, optimisation de l'outil de travail, optimisation des organigrammes), d'autres relèvent du management et de la gestion des ressources humaines (motivation des agents, évaluation de l'activité et des résultats, maîtrise de l'absentéisme).

 

La performance des services publics, c'est aussi leur capacité à maîtriser leurs budgets et leurs coûts. La concrétisation est peu évidente car tous les acteurs sont plus portés à augmenter la dépense qu'à la réduire.

 

L'efficience, c'est le rapport efficacité/coût ou encore le rapport utilité/coût. Il est indispensable de s'interroger constamment sur l'efficience : si peu d'interventions publiques sont totalement inutiles, il est fréquent que leur utilité soit modeste au regard des moyens mis en oeuvre. Augmenter l'efficience peut conduire à agir sur le "numérateur" (l'efficacité, l'utilité) et/ou sur le dénominateur (le coût).

 

IPP-Formation - Institut de la Performance Publique
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